DARA 32 - Le château de Bressieux (isère)

  • Auteur(s) : Yvonne Harlé-Sambet et Raymond Moyroud
  • Edition : ALPARA
  • Année de parution : 2009
  • Nombre de pages : 226
  • ISBN : 2-916125-03-5

30,00 €

Résumé

Dernier vestige de l’architecture militaire du Dauphiné le « castrum Bressiacum » est campé sur une hauteur située en bordure de la plaine de Bievre. Le château féodal de Bressieux témoigne encore par l’ampleur des ruines en brique rose de sa beauté primitive et du rôle militaire et social qu’il a joué dans le Dauphiné du Moyen Âge à la renaissance. Haut lieu de l’histoire de l’ancienne province dont l’occupation est attestée depuis l’époque néolithique, Bressieux fut de l’An Mil à la Révolution, siège d’un fief seigneurial important et l’une des quatre Baronnies du Dauphiné. Grands barons de la province, les seigneurs de Bressieux ont longtemps su préserver leur fief et leur indépendance. Puissants et respectés ces derniers étaient les alliés des Dauphins et des Comtes de Savoie, ainsi que de toutes les grandes familles dominantes de la Province. Ils ont été pendant les guerres d’Italie des alliés précieux des rois de France et ont alors transformé leur forteresse en résidence.

Cet ouvrage s’attache à montrer comment, par une analyse conjointe des sources d’archives, des données de fouilles archéologiques et des vestiges monumentaux – avec une approche systématique relevant de l’archéologie du bâti – de répondre à la problématique posée par les origines. L’existence des deux mottes castrales sur le territoire, pose le problème de l’édification de la demeure des barons primitifs mais toutefois les sources écrites permettent d’établir, que la première famille châtelaine a affermir son autorité sur le pays apparaît dans le cartulaire de l’abbaye de saint Bernard de Romans en 1205, et la première mention du château est attestée en 1107 dans la bulle du pape Pascal II lors du partage définitif du Comté de Salmorenc entre Guy archevêque de Vienne et Hugues évêque de Grenoble.

De 1983 à 1992 le château de Bressieux a fait l’objet de dix campagnes de fouilles archéologiques, couplées avec l’étude du bâti et les opérations de restauration. Le travail entrepris consistait à assurer une meilleure connaissance des différentes étapes de construction du château et à apporter un certain nombre de résultat archéologiques très probrants, bien que des points d’interrogation n’ont pas toujours pû être éclaircis.

Cet ouvrage débute par une présentation géographique qui met en évidence que la plaine du Bievre, située au cœur du bas Dauphiné, a servi de couloir pour le passage des glaces émises par les Alpes lors des différents refroidissements climatiques ; La présence de la moraine affleurante a livré des blocs grossiers mal équaris (calcaire, granit, rochers métamorphiques) qui ont été collectés au hasard des affleurements pour construire les remparts et courtines, et enfin que les dépôts fins (limons) ont fourni le matériau utilisé pour la fabrication des briques. En fait les matériaux employés pour la construction du château résument la géologmais aussi domestique et confirme l’occupation des seigneurs de Bressieux au début du XIe siècle.

Un important chapitre, cœur de l’ouvrage est consacré aux résultats archéologiquesie du piémont du bas Dauphiné.

Après une évocation de l’occupation préhistorique et antique du site, une part plus importante est consacrée à étudier l’origine du terroir environnant le château qui comporte deux fortifications de terre dont l’une – la Boulle Billon – partiellemnt étudfiée a livré un riche mobilier archéologique datable du XIe siècle qui confirme une double utilisation de l’habitation militaire. Pour ce faire nous avons eu recours à la confrontation des trois méthodes complémentaires.

- l’enquête historique dans la documentation textuelle (fonds privés) dont on doit souligner l’apport irremplaçable à l’archéologie médiévale ;

- l’étude et l’analyse architecturale approfondie

- enfin la fouille archéologique tant par l’analyse des structures, des stratigraphies et par l’étude du matériel recueilli.

Par son rôle de prototype et la précision de sa datation, le château de brique de Bressieux (XIIIe siècle) constitue un repère important pour l’étude de l’évolution de l’architecture castrale régionale. La caractéristique principale du château est d’être constituée de trois constructions superposées, une motte, un édifice de pierre et un château de brique construits succéssivement au cours d’une période antérieure à deux siècles vraissemblablement à partir du début du XIIe siècle. Cette particularité relevée lors des fouilles a constituée une occasion interessante d’analyser les formes castrales anciennes et leur évolution.

L’archéologie a permis la restitution des différents états qui nous entraine pour les niveaux les plus anciens du début du XIIe siècle et pour une série d’aménagement les plus récents à l’époque moderne. Le principal acquis est la restitution de l’organisation spatiale du château et son phasage de construction et réaménagement.

Les trois logis du château du XIIIe siècle forment un plan dont le pivot est l’espace central de la cour autour de laquelle se structure l’ensemble de la demeure. Une étude a mis l’accent sur la mise en œuvre des matériaux de construction et décoration : galets, briques, éléments du couvert, les sols et leur revêtements, clouterie et huisserie, verres à vitres.

Enfin l’exploration archéologique a permis de mettre au jour nombre d’objets à vocation militaire et maints témoignages de la vie que me,aient ses occupants. Une partie de cet ouvrage est donc conscrée à l’étude de divers mobiliers livrés par la fouille (vaisselle de terre, verrerie, objets métalliques et en os, jeux, faune…). Puis une partie est consacrée au château moderne avec le recours précis aux sources écrites pour retranscrire sa physionomie et la publication des deux principales sources en annexe (textes de 1659 et 1721).

En fin un recueil de sources iconographiques (XIXe et début XXe siècle) vient « illustrer » l’ensemble et permet d’établir une progression dans la dégradation des vestiges et d’appréhender des élévations de murs disparues aujourd’hui.

Destiné à devenir le centre de la circoncription seigneuriale et un point de défense important sur la frontière entre le comté de Savoie (enclave de la Côte Saint André) et le Dauphiné le château de Bressieux a été élevé sur un site propice à ces trois fonctions : de surveillance d’administration et de résidence.